Ce guide s’adresse à tous les avocats qui envisagent de s’installer, que l’envie vienne d’une aspiration à la liberté, d’une collaboration qui se termine mal ou d’un projet d’association qui n’a pas abouti.
Quel que soit votre ancienneté au Barreau ou le nombre de vos dossiers personnels, il n’y aura jamais de « bon » moment pour s’installer. Seulement celui où vous serez prêt·e. Et pour cela, ce guide détaille, en quatre étapes, comment préparer sereinement et concrètement votre installation.
Étape 1 : construire son prévisionnel
Avant toute chose, il faut savoir combien facturer, et surtout encaisser, chaque mois pour couvrir ses charges professionnelles et personnelles.
- Listez toutes vos charges professionnelles : cotisations ordinales, CNBF, URSSAF, RCP, locaux, expert-comptable, logiciel de gestion, bases de données, etc.
- Fixez votre revenu cible plancher : non pas le chiffre rêvé, mais le chiffre réaliste pour couvrir votre loyer, vos charges et dépenses personnelles (dont mutuelle et prévoyance), vos impôts et une petite épargne.
- Additionnez : charges professionnelles + revenu cible + 20 % de marge pour l’imprévu. Vous obtenez le chiffre d’affaires mensuel à atteindre.
Un dernier réflexe utile : regarder sa trésorerie disponible. Elle indique combien de mois vous pourrez tenir même avec un chiffre d’affaires faible au démarrage.
Étape 2 : fixer sa grille tarifaire
Le chiffre d’affaires mensuel cible doit ensuite se traduire en prix : combien facturer, pour quoi, et avec quelle provision ?
- Le premier rendez-vous : facturé ou non ? Si oui, pour quel montant, avec la phrase exacte à annoncer au prospect, sans justification superflue.
- Les prestations principales : pour chacune, une estimation du temps à y consacrer, une fourchette d’honoraires ou un forfait, et la provision demandée avant tout démarrage.
Étape 3 : définir son pitch et sa cible
Les prestations retenues à l’étape 2 dessinent déjà une clientèle. Il reste à la nommer, puis à savoir se présenter à elle. Travailler pour tout le monde revient souvent à devenir invisible pour chacun.
- Définissez votre cible : particuliers ou professionnels, quel secteur, quelle taille, quelle problématique. Une phrase suffit, comme si vous présentiez votre client idéal à un confrère susceptible de vous recommander.
- Rédigez un pitch en trois temps : à qui vous vous adressez, quel problème vous résolvez, pourquoi vous. Le parcours, la méthode de travail ou la disponibilité suffisent souvent à faire la différence, sans qu’il soit nécessaire d’avoir vingt ans de barreau.
- Testez ce pitch à voix haute auprès d’un proche non juriste. S’il ne comprend pas l’activité en trente secondes, il faut le retravailler.
Étape 4 : sécuriser son parcours client
Le pitch fonctionne, un prospect prend contact. Que se passe-t-il ensuite ? Si la réponse est « ça dépend », cette étape doit être traitée avant votre installation.
Il s’agit de cartographier le parcours client en cinq étapes maximum, de la première prise de contact jusqu’à l’ouverture du dossier, en précisant pour chacune qui fait quoi, dans quel délai, avec quel outil ou document.
- Prise de contact : réponse sous un délai fixé, avec un créneau proposé ou un lien de prise de rendez-vous.
- Premier rendez-vous : préparation en amont, envoi d’un document de synthèse, d’une liste de pièces à obtenir etc.
- Envoi de la proposition : convention d’honoraires et/ou synthèse sous un délai fixé.
- Validation par le client : signature et facturation de la provision avant tout démarrage.
- Ouverture du dossier : mail de confirmation au client et encaissement de la provision.
Ce premier process en appelle d’autres, à préparer avant l’arrivée du premier client : proposition de services, convention d’honoraires, mail type de premier contact, facturation et relances.
Ce que cette méthode change concrètement
Ces quatre étapes ne suppriment pas l’incertitude propre à toute création de cabinet. Elles la transforment en une suite d’étapes à cocher, en remplaçant des questions ouvertes (suis-je prêt·e, est-ce le bon moment) par des livrables concrets : un chiffre d’affaires cible, une grille tarifaire écrite, un pitch testé, un parcours client cartographié.
C’est cette bascule, de l’hésitation vers des outils de pilotage, qui permet de passer de « suis-je prêt·e ? » à « quand est-ce que je me lance ? ».
Prêt·e à préparer votre installation ?
Vous voulez avancer plus vite sur ces quatre étapes plutôt que d’y aller seul·e ? Je propose une session de coaching d’une heure, dédiée au lancement de cabinet, pour reprendre ensemble votre prévisionnel, votre grille tarifaire, votre pitch et votre parcours client.
Prendre rendez-vousAvocate en droit des affaires et des sociétés, Orane Minjollet accompagne les avocats et les professionnels libéraux dans leurs opérations de structuration, en particulier au moment de l’installation : choix de la structure d’exercice, rédaction des conventions d’honoraires, sécurisation des relations avec la clientèle. Elle anime l’atelier Installation de l’UJA, dont elle est responsable de la commission Installation et Association, où elle accompagne chaque année des dizaines d’avocats dans cette même démarche.